Midiblog > Quelle complémentarité entre les blogueurs et les journalistes professionnels ? (2/3)
Par david le samedi 21 juillet 2007, 00:20 - Innovations éditoriales - Lien permanent
Entretien de l'été avec Michel Pelamourgue (Suite)
Qu’en est-il de la vente du quotidien imprimé, avez-vous noté un
intérêt plus grand ?
Cela aurait été ambitieux et prétentieux de prétendre que grâce au Web nous aurions pu vendre plus de papier...

Nous avions plutôt en tête de définir une offre complémentaire entre
l’imprimé et le Web, en créant une passerelle entre ces deux univers, ce qui
nous permettait d’élargir notre marque aux jeunes générations qui de toute
façon ne lisaient pas le journal ! C’est pourquoi, nous avons créé une
page spéciale le vendredi, intitulée « paroles en ligne » où l’on
retrouve les meilleurs extraits des blogs de la semaine sont repris.
Le but ? Réaliser un rendez-vous sur l’imprimé qui s’adresse aux
auteurs et aux lecteurs de blogs.
Qui plus est, vu la fierté que ressentent les blogueurs à être publiés sur
le papier, cette initiative a un impact évident sur l’image du Midi libre. Ceci
prouve qu’être publié sur le papier reste toujours important et apporte une
vraie crédibilité aux blogueurs.
Quelle est la complémentarité entre les blogueurs et le journaliste
professionnel ?
C’est le vrai débat aujourd’hui. En fait, intégrer les contenus générés par
les internautes dans une rédaction n’est pas facile car les journalistes sont
méfiants vis-à-vis des contributeurs extérieurs à qui on ne demande pas de
vérifier leurs informations. En fait, on ne leur demande même pas de scoops,
mais plutôt de raconter une histoire, leurs histoires !
Car les gens veulent des histoires de la vie de tous les jours ; du
reste, n’est-ce pas ce que les journaux ont oublié ?
Par ailleurs, ces personnes représentent aussi une mine d’informations, car
une rédaction aussi riche qu’elle soit ne peut être partout à la fois.
Imaginons que demain se produise une inondation. Si tous les accès sont bouclés
et que les journalistes ne peuvent accéder à la ville, nous serions bien
contents de nous appuyer sur un réseau de contributeurs pour intégrer des
photos, des vidéos pour enrichir le journal.
Vous pensez donc qu’il n’y a pas de cannibalisation du travail de
journaliste mais une réelle complémentarité ?
Bien que certains journalistes soient encore un peu réticents, il y a une
vraie complémentarité entre les professionnels de l’information et les
amateurs.
Au départ, lors de la création de la plate-forme Midiblog, nous étions trois
à ouvrir un blog ! Aujourd’hui, nous sommes 17 journalistes ayant notre
propre blog, et cela ira en se développant. Désormais, nous sommes dans une
politique de « cross média », car nous souhaitons mettre le Web au centre
de la rédaction. Concrètement, nous voulons à partir d’un outil éditorial
unique, pouvoir envoyer une info à la fois sur le papier, le Web, la Web TV, la
radio, le téléphone mobile, afin de ne plus toucher uniquement la cible des 55
ans à un moment de la journée, mais atteindre des cibles différentes à
différents moments de la journée. Telle est notre ambition !
Notre volonté est aussi de proposer des services à ces communautés de blogueurs et de contributeurs. Je crois que l’exemple du journal Norvégien, VG, est un bon exemple. Ils ont créé un numéro 22 00 uniquement grâce à leur blog ; ce qui a permis aux norvégiens en vacances dans le sud-est asiatique lors du tsunami, de rapidement alerter le journal et permettre l’édition exceptionnelle le lendemain d’une édition spéciale grâce à leurs photos.
