Quel modèle économique pour la presse en ligne ?
Par david le dimanche 29 avril 2007, 23:19 - Mix économique - Lien permanent
Tout naturellement, les questions
relatives au modèle économique de la presse en ligne sont au cœur des
préoccupations de tous les professionnels du secteur – mais en aurait-il pu
être autrement ? Bien que cette question ait été ignorée lors du
6e Summit Newsroom de l’Ifra qui s’est tenu à Paris les 19 et
20 avril 2007, les conférences organisées par le SPMI et APPM qui se sont
déroulées du 23 au 27 avril 2007 dans le cadre de la semaine de la
presse Magazine, ont heureusement abordées les questions du business
model.
Pour l’heure, comme le souligne Julien Jacob, auteur du blog, Media 2.0, le chiffre d’affaires généré par les activités online reste marginal dans l’activité des entreprises de presse (1% chez Lagardère Active Média, par exemple), mais avec un taux de profitabilité bien supérieur. Quant à Bruno Patino, directeur du Monde Interactif, il parle d’un CA d’environ 14 millions d’euros, avec un taux de rentabilité de 30 % !
Cependant, d’ici 3 ans, bien des éditeurs envisagent une augmentation significative de leurs revenus en ligne (jusqu’à 10 à 15 % du CA global généré par le Web) et comptent bien réussir leur pari de mettre la main sur les revenus publicitaires. Mais une question reste en suspend : malgré l’espoir de voir le marché publicitaire en ligne doubler d’ici quelques années, les éditeurs pourront-ils tous espérer survivre sur Internet, en tirant leurs revenus uniquement de la publicité ? En effet, au vu du montant auquel la publicité est vendue aujourd’hui par les éditeurs, la grande majorité des entreprises de presse ne peuvent tout simplement pas tabler sur cette seule manne pour pérenniser leur activité en ligne.
Dès lors, comme le souligne Jean-Louis Servan-Schreiber, PDG de Finev la société éditrice de Psychologies Magazine, lors de la Semaine de la presse Magazine la presse devra se « restructurer » tout en tentant « d’innover sur le Web » pour pouvoir espérer s’en sortir. Didier Quillot, PDG de Lagardère Active Média, lui, estime que certains titres de presse n’auront tout simplement pas leur place dans le nouvel environnement qui se dessine… ce qui amène le journal Le Monde à titrer : La presse magazine à l’aube de profonds bouleversements (article paru le 25/04/2007).
Ainsi, à côté des marques de presse leaders et internationnalisées qui disposent des « moyens » pour s’adapter à l’ère numérique ou pour procéder à des rachats de concurrents Web, le danger n’est-il pas pour la grande majorité des titres de la presse écrite – qui peine actuellement sur le Web à repenser leur offre éditoriale et leur mix économique – de se faire manger tout cru par les « pure players », toujours plus nombreux, créatifs, innovants et en pleine croissance d’audience grâce à leurs contenus gratuits ?
Qu'en pensez-vous ?


Commentaires
Il faudra bien sûr innover sur le Web, mais pas forcément dans un logique low-cost.
Quand on voit les revenus affichés par les meilleures réussites pure-player, par exemple aufeminin.com, qu'on y applique les prévisions sur la pub en ligne, additionné à leur rythme de développement, on va se retrouver proche des structures de revenus de certains médias hors Web.
J'avais vu une comparaison des coûts pour mille en télévision, radio et Web vertical (à CPM plus élevé), le moins cher n'était pas le Web...
La question est donc bien de s’adapter à ce nouveau média, l’erreur absolue consistant aujourd’hui encore à en douter. C'est pourtant ce qu'on observe...
Votre remarque est juste, bon nombre d'éditeurs doutent de pouvoir réellement gagner de l'argent et continuer à faire leur travail sur la Toile...
Cependant, selon vous, à quoi pourrait ressembler le mix économique de la presse en ligne qui ne souhaite pas se résoudre à la seule gratuité comme l'envisage Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active Media (LAM) qui s'est exprimé lors de la conférence Press Club en avril 2007, en ce qui concerne la presse féminine ?